Anniversaire de la mort de Marie Stuart

Discussion sur les fameux contes et légendes...
Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 25
Inscription: Sam 11 Fév 2012 23:27
Localisation: Boston, MA - USA

Anniversaire de la mort de Marie Stuart

Messagepar Christine » Dim 12 Fév 2012 03:17

Le 8 février 1587, Marie Stuart est décapitée.

À seulement 44 ans, l'ancienne reine d'Écosse et de France parvient au terme d'un destin aussi tragique qu'exceptionnel.

L'héritière des Stuart est devenue reine d'Écosse trois jours après sa naissance, à la mort de son père Jacques V.

La régence est assurée par sa mère, Marie de Guise, dont les frères animent à la cour le parti catholique et anti-anglais. Ils obtiennent de fiancer la petite reine au fils aîné du roi de France Henri II, le futur François II.

À peine âgée de six ans, Marie prend donc un bateau pour la France. Plongée dans une cour raffinée, la princesse devenue jeune fille s'attire les éloges de Ronsard. Elle épouse le Dauphin en 1558 et signe un acte secret par lequel elle promet de céder à la France ses droits sur l'Écosse... et l'Angleterre si elle venait à mourir sans enfant.

L'accession au trône de François II, en 1559, renforce l'influence de la famille de Guise à la cour. Il s'ensuit une rivalité de plus en plus aiguë entre les Guise et le parti protestant, dont découleront de longues et dramatiques guerres de religions.

Mais François II, de santé fragile, meurt à 17 ans, le 5 décembre 1560, après un règne de moins de deux ans. La jeune reine doit s'en retourner à regret dans le pays de son père.

Tragédie écossaise
Marie Stuart retrouve un royaume déchiré par les perpétuelles dissensions entre chefs de clans et par la Réforme. Le peuple est tombé sous le charme d'un prédicateur austère, John Knox. Prêtre catholique passé à la Réforme anglicane puis au calvinisme, il fonde en Écosse une Église réformée nationale, sans clergé ni hiérarchie, l'Église presbytérienne. Dans chaque paroisse, les fidèles nomment eux-mêmes leur pasteur. Au sommet de l'État, pasteurs, bourgeois et squires (nobles) siègent ensemble.
C'est ce contexte ô combien éloigné de la cour des Valois que découvre Marie Stuart. La jeune reine s'attire la haine de John Knox.
Pour ne rien arranger, en dépit de nombreuses offres de mariage de grands princes étrangers, elle se laisse séduire par son cousin, le sémillant - et catholique - lord Darnley. Le choix est désastreux. Le beau lord ne manque pas une occasion d'humilier son épouse et s'attire la haine unanime de l'aristocratie.
Marie elle-même prend pour galant un petit musicien italien, David Rizzio. La cour ne le supporte pas et une conspiration encouragée par Darnley aboutit au meurtre de Rizzio dans les jupes mêmes de la reine, pendant leur souper.
Trois mois plus tard, le 9 février 1567, Lord Darnley meurt à son tour dans un attentat à la bombe, quelques jours après la naissance de son héritier, le futur Jacques VI, que d'aucuns soupçonnent d'être le fils de Rizzio ! Marie se remarie aussitôt avec l'instigateur du crime, le comte de Bothwell, fournissant ainsi un prétexte de soulèvement à la noblesse protestante.
Détrônée par ses sujets écossais, elle abdique au profit de son fils. Après dix mois de forteresse à Loch Leven, elle s'enfuit à cheval en Angleterre en mai 1568. Elle se place sous la protection de sa cousine, la reine Elizabeth 1ère, de la dynastie des Tudor, dont elle n'a pourtant jamais reconnu la légitimité.
Elizabeth 1ère est la fille du roi Henri VIII et la petite-fille d'Henri VII. Le roi d'Écosse Jacques V, père de Marie Stuart, est quant à lui le fils de Marguerite Tudor, fille d'Henri VII et soeur d'Henri VIII. Elisabeth 1ère est donc cousine au premier degré de Jacques V et cousine au deuxième degré de sa fille Marie Stuart.

Tragédie anglaise
Craignant une sédition des catholiques anglais, la reine d'Angleterre fait emprisonner son encombrante cousine. Dans sa prison, pendant près de vingt longues années, Marie Stuart participe à plusieurs complots ourdis par les «papistes» pour la faire monter sur le trône.
Les conseillers de la reine d'Angleterre s'inquiètent du danger qu'elle représente à l'heure où se profile une nouvelle guerre avec l'Espagne catholique. Elizabeth 1ère la fait finalement condamner à mort et décapiter. Sir Francis Walsingham, en charge de la police, piège la captive par le biais d'un provocateur qui l'entraîne dans un complot contre la reine. Marie Stuart donne par écrit son avis et conseille même les comploteurs sur la manière de procéder au meurtre. Cela lui vaut d'être jugée et condamnée à mort.
Les Communes réclament son exécution immédiate. Elizabeth 1ère rechigne malgré tout à faire exécuter une souveraine, si coupable soit-elle. Elle se résout à signer l'ordre d'exécution après beaucoup d'hésitation.
Marie Stuart retrouve son courage et sa dignité en montant sur l'échafaud. Le bourreau, maladroit, s'y reprendra à trois fois avant d'arriver à lui sectionner la tête.
Ayant triomphé de tous ses ennemis mais dépourvue d'héritier direct, la reine d'Angleterre lègue sa couronne au propre fils de Marie Stuart et lord Darnley, le roi d'Écosse Jacques VI. C'est ainsi qu'en 1603, à 37 ans, il devient également roi d'Angleterre sous le nom de Jacques 1er et inaugure la dynastie des Stuart.

Porte drapeau
Avatar de l’utilisateur
Messages: 155
Inscription: Lun 13 Fév 2012 16:08
Localisation: clermont ferrand

Re: Anniversaire de la mort de Marie Stuart

Messagepar leo63 » Mar 27 Mar 2012 17:28

avec beaucoup de retard :(
merci pour ce petit rappel historique
leo
IN OMNI MODO FIDELIS
( fidèle en toutes circonstances )

Commisionner
Avatar de l’utilisateur
Messages: 322
Inscription: Dim 12 Fév 2012 14:53

Re: Anniversaire de la mort de Marie Stuart

Messagepar Philippe » Ven 8 Fév 2013 10:36

Pour mémoire : Nous sommes le 8 fevrier, jour anniversaire de la mort de Marie Stuart qui fut reine de France et d'Ecosse, puis reine d'Ecosse à part entière.

Le 8 février 1587, Marie Ière d'Ecosse, mieux connue sous le nom de Mary Stuart, est exécutée à Fotheringay.

Motif officiel de la condamnation : conspiration contre sa cousine, la reine Elizabeth Ière d'Angleterre. Motif réel : l'existence de Mary et sa présence sur le sol anglais, même s'il est prouvé qu'elle ne tenta jamais de conspirer contre sa cousine, qui l'avait accueillie en Angleterre après la perte de son royaume d'Ecosse, constituait une menace permanente pour la survie d'Elizabeth. La Raison d'Etat s'imposait.

Dès six heures du matin, Mary Stuart, qui a procédé la veille au partage de ses derniers biens terrestres entre ses fidèles, s'éveille et revêt une jupe de velours cramoisi au corsage de soie noire avec collet à l'italienne voile de crêpe blanc. Puis, elle se drape dans un grand manteau de satin noir à parements de zibeline : celle qui fut reine de France et d'Ecosse, puis reine d'Ecosse à part entière, la mère de l'actuel roi d'Ecosse et futur roi d'Angleterre et d'Ecosse ne saurait aller à la mort sans respecter un certain rituel.

Après avoir prié dans son oratoire et fait ses adieux ultimes à ses domestiques, elle prend le bras du sherif, venu la chercher et descend jusqu'à la Salle Basse où a été dressé l'échafaud. A son fidèle maître d'hôtel, Melvil, elle demande d'aller rapporter à son fils la façon dont elle est morte, en reine, en vraie catholique et en authentique Ecossaise et Française. (Par sa mère, Marie de Guise, Mary Stuart était en effet française et, en tant que fiancée du Dauphin François, fils aîné d'Henri II et de Catherine de Médicis, elle avait été élevée à la Cour de France.)

Le comte de Kent, non sans avoir renâclé, lui permet de conserver auprès d'elle cinq de ses serviteurs, trois hommes et deux femmes - celles-ci pour l'aider à se déshabiller sur l'échafaud.

Dans la grande salle toute tendue de noir, c'est d'un pas ferme que Mary Stuart va s'asseoir sur la chaise voilée de noir, face au billot recouvert de crêpe, dans l'attente de la lecture de la sentence. L'arrêt d'exécution étant lu, Marie prend alors la parole : c'est un droit qu'on ne peut lui retirer.

Avec habileté, elle souligne une fois encore que, citoyenne écossaise, elle vient d'être condamnée par la loi anglaise, ce qui est illégal. Puis, elle redit son innocence et l'affection qu'elle n'a jamais cessé de porter à sa cousine Elizabeth. Enfin, elle pardonne à ses ennemis et affirme sa volonté de mourir dans la foi de ses ancêtres catholiques.

A l'embarras des représentants d'Elizabeth, le pasteur Fletcher, qui aurait dû se montrer aussi digne que la souveraine, se lance dans un prêche haineux auquel lord Shrewsbury met fin avec violence. Les serviteurs de Mary se joignent alors à leur maîtresse pour entamer les prières des morts, selon le rituel catholique. Le pasteur et les protestants présents tentent de les contrer en hurlant des psaumes. Mais en définitive, la voix solitaire de la reine finit par l'emporter et les protestants les plus fanatisés par se taire, conscients de la mesquinerie dont ils feraient preuve s'ils persistaient plus avant à s'opposer aux dernières prières d'une femme qui, selon leur propre croyance intime, va bientôt se présenter devant Dieu.

Bien qu'elle ait fait au bourreau le signe d'approcher, Marie refuse son aide pour se déshabiller et demande l'assistance de ses femmes. Elle vient de comprendre que, contrairement à l'usage français, qui veut que le condamné soit décapité debout et à l'épée s'il est de sang noble, on lui a réservé d'avoir la tête posée sur le billot et de subir la hache. C'est l'humiliation dernière, ce ne sera malheureusement pas l'ultime douleur.

Le bourreau avait-il bu pour se donner du courage ? Ou est-ce l'émotion qui le rend maladroit ? Son premier coup n'entaille que la nuque et il lui faudra deux autres coups supplémentaires pour détacher la tête du corps.

Elizabeth Ière feindra toute sa vie de n'avoir pas donné son accord à cette exécution. Elle s'indigne donc beaucoup quand on la lui apprend officiellement, cinq jours plus tard. Cette femme si secrète ne nous ayant laissé aucun document un peu intime, il nous est impossible de savoir quels furent ses sentiments réels. Il n'est pas toujours simple de gouverner et Elizabeth était trop intelligente pour ne pas savoir que le motif donné pour l'exécution de sa cousine était infondé et que le sang de Mary entacherait son règne, si brillant soit-il.

Par un curieux hasard de l'Histoire, Marie Ière Stuart et Elizabeth Ière Tudor, qui furent toute leur vie deux rivales, plus par leur naissance et par la place qui leur avait été assignée sur l'échiquier politique de leur temps que par leur volonté propre, reposent à l'Abbaye de Westminster à dix mètres l'une de l'autre. Souhaitons à l'une comme à l'autre d'y deviser enfin avec sérénité. Il faut signaler au passage que, selon ses dernières volontés, Marie Stuart souhaitait être inhumée en France, à Reims, ville où elle avait passé, comme elle le disait, ses "jours les plus heureux."

Elle fut toutefois initialement enterrée à la cathédrale de Peterborough (par Scarlett Robert); son corps fut exhumé en 1612 lorsque son fils Jacques VI d'Écosse ordonna qu'il fût placé à l'Abbaye de Westminster où il repose depuis, à dix mètres du tombeau de sa cousine Élisabeth. Marie Stuart est l'ancêtre de tous les rois qui succédèrent à Élisabeth.

Cordialement.
MarieStuartexecution.jpg
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
Philippe

La sécurité de la cité tient moins à la solidité de ses fortifications, qu'a la fermeté d'esprit de ses habitants. Thucydide (465 av. JC)

Commisionner
Avatar de l’utilisateur
Messages: 322
Inscription: Dim 12 Fév 2012 14:53

Re: Anniversaire de la mort de Marie Stuart

Messagepar Philippe » Dim 8 Fév 2015 11:45

Bonjour,

Pour mémoire : Nous sommes le 8 février, jour anniversaire de la mort de Marie Stuart qui fut reine de France et d'Ecosse, puis reine d'Ecosse à part entière.

Cordialement.
Philippe

La sécurité de la cité tient moins à la solidité de ses fortifications, qu'a la fermeté d'esprit de ses habitants. Thucydide (465 av. JC)

Retourner vers Histoires et Légendes

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité